Richard Gasquet, l'enfant du pays

Fier de ses racines, reconnaissant envers ce territoire biterrois qui l'a mené jusqu'au top niveau, le champion de tennis porte haut nos couleurs à travers la planète.

Il est l'un des meilleurs joueurs qu'ait connu le tennis professionnel français, avec 13 titres en simple. Détecté très tôt, il subit sans relâche une pression médiatique ouverte avec la fameuse une de Tennis Magazine : « Richard G., 9 ans, le champion que la France attend ? ». La presse salue son talent naturel, son jeu élégant, académique, précis et si agréable à suivre, considère son revers à une main comme l'un des plus beaux et dévastateurs du circuit. Pourtant, plus qu'un enfant prodige, il se présente comme un enfant du pays. Et si ses fans, ses amis et néanmoins concurrents, de la planète tennis l'appellent volontiers Richie, dans ses tripes, il reste Richard Gasquet, fils de Francis et Maryse, né le 18 juin 1986, à Béziers. 

C'est grâce à mon enfance ici que je suis un bon joueur. Le tennis est ancré sur ce territoire

L'antistar qui a grandi ici

Richard Gasquet

Neuf mois sur douze, Richard jongle entre avions, hôtels, entraînements, matchs et interviews sur les cinq continents. Mais dès qu'il le peut, il se pose à Sérignan, où habitent ses parents. « J'ai vécu dans tous les pays du monde. On peut difficilement faire mieux qu'ici. à chaque fois que je reviens, je me ressource pleinement. Je mesure ma chance d'avoir grandi dans ce cadre magnifique. Toute ma carrière est partie de là. Ce territoire a construit ce que je suis ».

Le trentenaire dont le visage et les exploits sportifs sont connus dans le monde entier est sans doute le meilleur ambassadeur du pays biterrois. Un champion reconnaissant envers cette terre propice à l'éclosion de son talent. « C'est sûr, j'avais des capacités pour le sport. Mais il y avait tout ici pour donner envie du tennis : de nombreux clubs, énormément de tournois et un climat fabuleux. C'est génial de pouvoir jouer à l'extérieur ». Dès 4 ans, il s'entraîne avec passion avec son père qui tient le club de Sérignan. « On n'arrive pas au haut niveau sans discipline. Chaque fois que j'allais sur le court, on recherchait l'excellence. Je me faisais engueuler, il m'encourageait aussi beaucoup ! » Les valeurs transmises par son père, son coach jusqu'en 2001, sont l'effort et l'humilité. « Les sportifs ne sont pas plus exemplaires que les autres ! Tout le monde essaie de faire le maximum dans sa vie. Je reste les pieds sur terre. Et ne me prends pas pour un autre. Je suis juste heureux de ce que je fais ».

De son enfance en Biterrois, il retient la joie d'avoir grandi dans un pays de cocagne. « A un kilomètre de tout. Collège le matin, puis j'allais à vélo au club. Tout se joue à cet âge ». Et la bonne humeur partagée. « Beaucoup de copains. C'était très fun, simple, sans chichis. On jouait au foot, au tennis, on faisait des footing de Sérignan à Valras avant d'aller nous baigner. J'ai vécu les plus beaux moments de ma vie ici ».

 

Aujourd'hui encore, il est amoureux de ce pays béni, s'intéresse aux vins de la région, aime se rendre chez son ami le chef Pierre Augé, ne rate pas un match de rugby à la Méditerranée, joue un peu sur le parcours de golf de Saint-Thomas. Cette antistar qui aspire visiblement à une vie tranquille a des réponses déconcertantes de franchise. Il ne faut pourtant pas se fier à l'authentique gentillesse de ce gars simple pour parvenir à le cerner. Car Richard Gasquet aime plus que tout la gagne. « Une victoire, même la plus moche, restera toujours plus forte qu'une défaite, même la plus belle ! » Et, malgré sa récente blessure au dos à Wimbledon qui l'a contraint à se déclarer forfait pour les JO de Rio, son appétit de victoire n'est pas prêt de s'éteindre.   

L’info en plus

Un palmarès complet

Abonné au top 15 mondial, Richie a été n°1 junior en 2002 et n°7 en 2007 et 2013. Son palmarès : 13 titres ATP en simple, 3 demi-finales (Wimbledon 2007 et 2015, US Open 2013). Membre de l'équipe de France de Coupe Davis depuis 2005. Il décroche le bronze aux JO de Londres 2012 avec Julien Benneteau et le titre à Roland Garros 2004 avec Tatiana Golovin.

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